Nos guerriers ont bravé le froid pour « vaincre » le Duc

Dans le cadre de la Course de l’Escalade il y a la Course du Duc, épreuve de 20km qui n’a lieu que tous les 5 ans et qui relie Reignier à Genève en pleine nuit.
Pour les 40 ans de la Course de l’Escalade, notre joëlette ne pouvait pas manquer ce rendez-vous !
L’organisation nous fait confiance mais me rappelle qu’il faut terminer le parcours en moins de deux heures sous peine de se faire arrêter à la douane de Veyrier. Oups, je calcule vite fait, cela donne une moyenne horaire d’environ 10km/h. Pas si simple avec une joëlette au milieu de 7000 participants, de nuit et sous des températures glaciales.
Je décide rapidement que je ne serai pas de la course, je privilégie la prudence après ma balade sur l’île de La Réunion et surtout, je ne veux pas ralentir nos gazelles.

L’été dernier, nous avons rencontré Fred et ses amis du Crossfit dont certains ont accepté de relever le défi du Duc. Nous accueillons donc pour la première fois : Aurélien, Bruce, Julien et Fred qui seront « coachés » par nos métronomes : Anthony, Guillaume, Roger, Moïse, Serge et Jean-Pierre.

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Pas vraiment rassurés nos bizuths

L’atout charme de l’équipe sera notre fidèle Sandrine, bien accompagnée par autant de chevaliers servants.
Pour une première sur le Duc, j’ai proposé à notre emblématique capitaine de reprendre place dans sa chère joëlette, c’est donc Alison qui assurera la délicate mission de motiver l’équipe mais je n’ai aucun doute sur le fait qu’elle sera au top durant deux heures. La suite va me donner plus que raison.

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Notre capitaine Alison avec sa bonne fée Sandrine

Le casse-tête de l’organisation me fera plusieurs fois regretter d’avoir eu l’idée d’y emmener notre joëlette. Je crains la circulation jusqu’à Reignier, l’attente de plus de 2 heures parmi 7000 coureurs, le froid, le retour indispensable pour la voiture et les sacs avant les coureurs, l’accès aux Bastions etc etc Si j’avais su.....j’aurai beaucoup mieux dormi !!!

Vendredi, fin d’après-midi, je retrouve Alison chez elle pour l’emmener à Reignier avec la joëlette, Anthony et Roger. Première surprise, ça roule, même pour passer Bardonnex. L’autoroute est dégagée et il n’y a même pas de ralentissement à Annemasse. Même aux abords de Reignier la circulation est fluide. Nous y arrivons en même temps que les premiers bus de coureurs.

Le village est entouré de barrières, le dispositif de sécurité est impressionnant. Pas d’accès aux espaces coureurs sans un contrôle des sacs et un dossard. Malgré les vérifications, les bénévoles seront d’une gentillesse qui nous facilitera beaucoup les choses, nous permettant de nous garer au plus près des barrières.

C’est dans le gymnase que nous retrouvons toute l’équipe. Les présentations sont faites et il est temps de se caler l’estomac avant l’effort. Je comprends vite que compter des crossfiteurs dans l’équipe augmente le budget ravitaillement. La salle se remplit rapidement et il devient impossible de circuler entre les coureurs. C’est ce moment que choisit Alison pour son traditionnel pipi d’avant course. Vincent qui nous accompagne mais qui, malade, ne pourra pas courir, la prendra sur son dos et traversera la salle en enjambant les coureurs pour l’emmener au vestiaire.


Je croise des Buffs Courir...Ensemble, des pulls mais je ne connais pas les coureurs qui les portent, sentiment assez étrange, bien loin du temps ou je connaissais tous les « jaunes ».

Le temps passe vite, il nous faut laisser les coureurs pour reprendre la route avant qu’elle ne ferme. J’ai anticipé ce moment mais je l’appréhende. Difficile pour moi de ne pas prendre le départ avec l’équipe. Heureusement, la grippe qui ne me lâche pas depuis une semaine me rassure presque, jamais je n’aurai pu courir !

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L’équipe version halloween !

Roland stresse, il nous faut regagner la voiture. Après les bénévoles, c’est la gendarmerie qui va bloquer la route pour nous permettre de nous insérer dans le trafic et regagner Genève. Nous arrivons aux abords des Bastions et c’est là que les choses se compliquent. Impossible d’atteindre le parking prévu, tous les accès autour de la course sont bloqués par le passage du walking et du Duc. Notre véhicule est rempli des sacs de nos coureurs et du ravitaillement que nous avons prévu de partager sous notre tente. J’ai deux porteurs de choc avec Roland et Vincent mais il fait un froid glacial et la bise ne nous facilite pas les choses.

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Petit selfie dans le froid du départ

Vincent prend les choses en mains, descend de la voiture et se dirige vers les gendarmes qui bloquent le quartier. Après leurs homologues français, ce sont eux qui vont nous permettre d’approcher au plus près des Bastions tout en facilitant et sécurisant notre véhicule. J’avoue que je suis impressionnée.

Nous voilà donc chargés comme des mulets à travers les Bastions jusqu’à la tente que l’organisation nous a mis à disposition, juste en face du mur des Réformateurs.
Commence une attente de plus de deux heures, dans le froid mais j’imagine le plaisir d’Alison et ça me réchauffe au moins le coeur parce que pour le reste c’est plus compliqué.

Après une heure trente, je décide de remonter la course pour aller à la rencontre de notre équipe. Même si je n’ai pas pu faire toute la course, je ne vais pas me priver de quelques kilomètres. Je suis complètement glacée dans les rues ouvertes à la bise et encore une fois, impressionnée par le dispositif sécuritaire mis en place. Nous sommes très loin des quelques rubalises qui balisaient la première édition du Duc. A chaque croisement, soit une moto de la police, un agent de la protection civile, un agent de sécurité, des plots en béton bloquant les accès etc etc.

Enfin, avant que je ne puisse plus bouger transformée en glaçon, j’entends les cris de ma joyeuse bande. L’ambiance est au top, Alison chante « C’est mon combat » à tue-tête et en connait chaque mot. Quant à moi, j’essaie de prendre leur rythme mais à froid c’est vraiment compliqué. C’est un privilège de rentrer dans les Bastions sous les encouragements de la foule amassée autour des barrières. Un privilège mais également une grosse émotion et un soulagement immense. Tout s’est bien passé pour nos valeureux « crossfiteurs » qui s’ils ne sont pas des spécialistes de course à pied et d’endurance ont mis tout leur coeur dans l’aventure et ont réussi à maintenir un rythme impressionnant, entourés par nos métronomes. Toute l’équipe réalise un super chrono leur permettant de boucler le parcours en moins de deux heures, comme je l’avais promis aux organisateurs.

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Nos héros à l’arrivée !

Quant à notre capitaine, elle chante toujours et profite de l’ambiance générale.
Le temps de récupérer le cadeau souvenir de la course, une montre, nous nous retrouvons vite sous la tente pour nous réchauffer.

La tension de la course retombe et je remarque que certains coureurs sont allés puiser loin dans leurs réserves mais aucun n’a lâché le groupe et je suis admirative de leur volonté.

Dans l’excitation d’un objectif atteint j’écoute les commentaires et je n’entends qu’un seul prénom : Alison ! Notre capitaine a encouragé « ses petits coureurs » par la voix et le chant durant deux heures et elle les a touchés en plein coeur. Je connais bien ce sentiment qui vous attrape l’âme et vous donne des forces dont vous ne soupçonnez même pas l’existence. Dans l’exiguïté de notre tente je ressens l’émotion de toute l’équipe et cela me touche profondément.

Après un bref ravitaillement il faut déjà songer à rentrer. Il est plus de minuit, Alison est attendue par sa nonna et pour nous la journée de samedi s’annonce bien chargée.

Je ne voudrais pas terminer ce récit sans te remercier merveilleuse Alison qui donne de la magie à nos courses.

Merci également à toute notre magnifique équipe en jaune. Vous avez tous un coeur énorme et j’ai hâte de partager d’autres aventures avec vous.

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Nos « p’tits nouveaux » au grand coeur !

Merci à notre équipe logistique qui n’a pas ménagé sa peine pour coordonner au mieux notre participation au Duc.

Merci à l’organisation de la Course de l’Escalade de m’avoir fait confiance et permis d’emmener notre joëlette sur les routes entre Reignier et Genève.

A suivre : nos aventures du samedi dans les rues de la vieille ville.



Carole