Le Pari(s) des Enfoirés et le nôtre, y arriver, à Paris !

Pour la première fois depuis que j’organise des voyages, ça fait quand même presque 20 ans, il y aurait autant à écrire sur tout ce qui s’est passé avant notre départ que pendant le voyage.

Organiser le déplacement de 22 personnes en période de grève alors que la SNCF ne confirme les TGV que 48 heures avant leur départ n’est pas chose facile. Quand les prestataires sur place vous obligent à tout payer d’avance sans possibilité de remboursement, quand Easyjet vous annule le vol de retour alors que par précaution vous avez investi plusieurs milliers de francs pour sécuriser votre voyage ça donne envie de tout arrêter, et je ne cite que les principaux événements de cette rocambolesque organisation.

Plusieurs fois j’ai été tentée de « lâcher l’affaire » mais impossible d’annoncer à ces enfants dont la qualité principale est de n’avoir jamais baissé les bras durant leur maladie que vous jetez l’éponge. Alors j’ai pris de l’énergie où je pouvais, dans la voix de Maxime au téléphone qui me disait combien il était heureux de venir, dans un whats ap d’une maman qui me proposait son aide.

Aujourd’hui je ne veux me souvenir que du bonheur des enfants, des yeux brillants et de l’émotion partagée avec les artistes des Enfoirés mais ma fatigue de ce matin me rappelle que cette organisation n’a pas été tout à fait comme les autres.

Je tiens à remercier Kevin et notre fidèle partenaire, l’agence Charter SA, qui ont très efficacement et professionnellement assuré la gestion des grèves et de notre transport jusqu’à Paris, mes appels angoissés et mon inquiétude.

Mais venons-en au principal et à ce dont nous nous souviendrons tous, notre week-end parisien.

Vendredi matin, notre vol est annoncé à l’heure mais j’ai de la peine à me dire qu’il ne va pas encore se passer quelque chose qui nous empêchera de rejoindre Paris.

Les familles sont ponctuelles, on ne peut pas en dire autant de toutes les accompagnantes.... et les enfants dont certains se connaissent, sont heureux de se retrouver. Le temps de distribuer le sweat-shirt orné du magnifique logo que Béné a créé, le tour de coup qui va servir à ne perdre personne et surtout pas les pièces d’identité et c’est parti après avoir pris la traditionnelle photo.

Notre vol décollera à l’heure et se passera sans souci. Arrivés à Paris, nous attendons la chaise roulante de Noah qui aura le privilège d’être invité dans le poste de pilotage et s’assiéra dans le siège du copilote.

Contre toute attente, car je n’ai jamais eu autant de problème à organiser une logistique transport qu’avec cette entreprise de car, notre bus nous attend, direction la Tour Eiffel.

Passage obligé pour qui visite Paris. Je n’y étais pas retournée depuis 2015 et un voyage inoubliable avec mon Titi mais ce qui restait comme un souvenir magique avec un repas au 1er étage et du patinage avec vue sur Paris n’est devenu qu’un triste spectacle. L’accès est compliqué par un contrôle de sécurité interminable, l’espace entre les piliers est rempli de barrières, d’échafaudages et le 1er étage est complètement en travaux. Dommage ! Ne reste que la vue et notre guide qui a su intéresser les enfants avec l’histoire de la construction et des anecdotes. Constantin, notre expert en histoire de France en a impressionné plus d’un.

Pour le retour à notre hôtel proche de la Gare de Lyon, nous avons goûté aux joies du trafic parisien. Impossible d’avancer mais au chaud dans le car, les petits et les grands ont pris leur mal en patience.


Après avoir réparti les chambres, il était temps de remplir les estomacs d’une délicieuse pizza avant une bonne nuit de sommeil réparateur.

Je ne sais pas si c’est à cause des grèves et du ras le bol ambiant mais durant tout notre séjour, nous avons été étonnamment bien accueillis dans les restaurants et les commerces où nous nous sommes arrêtés. Je n’annonce jamais lorsque je fais une réservation de groupe dans un restaurant qu’il y a une majorité d’enfants car j’ai toutes les chances que l’on me refuse la réservation. J’ai l’habitude des visages contrariés à notre arrivée et bien pas cette fois et c’est tellement agréable.

Samedi matin, nous sommes réveillés tôt car le Stade de France nous attend.

En grande fan de l’équipe de France de foot, je me réjouis de cette visite et je ne vais pas être déçue. Nous sommes seuls dans l’immensité du stade et nous en découvrirons l’histoire, les sous-sols et même la prison qui suscitera autant d’enthousiasme que les vestiaires chez nos amateurs de foot.

Retour à l’hôtel et passage obligé par un restaurant vietnamien, impossible de sauter un repas avec un groupe d’enfants.

Il est temps de préparer notre rencontre avec les artistes des Enfoirés. Un nom revient en boucle, le chanteur qui récolte le maximum de voix est sans aucun doute Soprano. Il bénéficie d’une grosse cote d’amour auprès de nos enfants. Je ne suis pas étonnée, certains de ses textes parlent de son histoire personnelle qui fait écho avec le vécu de nos enfants et ils le ressentent.
J’ai vu qu’il vient de fêter son anniversaire et je propose aux enfants de lui chanter un court extrait d’une de ses chansons avec une petite modification de paroles et d’enchaîner avec un « joyeux anniversaire ».

Je m’avance car je ne sais même pas s’il viendra nous voir mais j’espère et me dis qu’on va y croire. Le temps file et nous décorons des horloges, cadeau pour les artistes, accompagnées de notre traditionnels chocolat. Je dois en avoir emmené plus de 20 kilos dans ma valise.

Les horloges prêtes, les sandwichs dans les sacs, nous nous mettons en route pour l’Accor Hôtel Arena. Nous avons choisi de nous y rendre à pied craignant les bouchons et ce rendez-vous là il ne s’agit pas d’y arriver en retard.

L’humeur est joyeuse et on ressent une certaine excitation chez les petits mais aussi chez les plus grands.

Je suis accompagnée de Claire, notre fidèle médecin, d’Alicia qui court avec notre équipe de joëlette, de Morgane que l’on ne présente plus et de Maéva qui me fait la très grande joie de sa présence, elle qui a participé, il y a 19 ans à notre premier voyage à Marseille. Le temps a passé, elle est devenue maman et même si la maladie s’est éloignée, elle laisse des traces et j’ai beaucoup apprécié nos échanges.

De revoir Maéva m’a conforté dans un de mes profonds regrets. Lorsque je regarde en arrière, j’ai partagé de belles aventures, noué de magnifiques relations avec des enfants, des ados, des familles mais chaque enfants qui allait mieux était remplacé par un autre qui venait d’être diagnostiqué et je n’ai pas gardé de contact avec des familles auxquelles j’étais très attachée.
Sans doute que pour elles était venu le temps de se détacher de cette étape de leur histoire mais heureusement, j’ai auprès de moi des familles et des ados devenus adultes qui m’inspirent et dont les what app réguliers me motivent.

Revenons à notre week-end et à notre arrivée à la salle de concert. Depuis de nombreuses années, nous sommes attendus par notre Cathy et son équipe qui nous ont préparé un somptueux goûter et leur accueil nous fait chaud au coeur. Nous retrouvons Marie-Luce et l’association des Petits Princes et l’excitation monte d’un cran. Qui viendra ? Et surtout, est-ce que Soprano viendra ? Je remarque que du côté des Petits Princes, Soprano est également celui qui recueille tous les suffrages.

C’est Jennifer qui sera la première à venir à la rencontre des enfants. Fidèle depuis plusieurs années, elle prendra le temps d’échanger avec notre groupe et de faire des photos avec beaucoup de simplicité et de gentillesse.

Morgane a les yeux qui brillent, Jean-Baptiste Maunier et son imposante silhouette nous rejoint, imité par MC Solar, Isabelle Nanty, Vitaa, Christophe Wilhelm, Claudio Capéo, Philippe Lachau.

Comme chaque année j’ai briefé les enfants et ils ont un comportement exemplaire, ce qui, avec les trublions de cette année, n’était pas gagné.

Le temps passe, Soprano n’arrive pas mais je connais notre Cathy et je sais qu’elle fera l’impossible pour qu’il vienne nous voir.

C’est Patrick Fiori et sa bonne humeur contagieuse qui arrive mais juste derrière, il est là, un frisson parcourt tout le groupe. Soprano est devant nous.

Vite je donne le départ de sa chanson. Il ne se rend pas compte tout de suite que nous chantons, faut dire qu’on fait au mieux mais que ce n’est pas super juste.... mais très vite nous le voyons très ému et lorsque nous attaquons le joyeux anniversaire, l’émotion est à son comble.

Durant ces moments je suis concentrée uniquement sur les enfants et je ne sais pas ce qui se passe autour de nous mais sur la vidéo j’ai bien vu que les larmes étaient dans tous les yeux. Soprano va prendre tous les enfants dans ses bras pour un câlin collectif et c’est un înstant magique dont nous nous souviendrons longtemps.

Je repense à notre parrain Jean-Jacques et bien qu’il me manque beaucoup, je sais qu’il serait heureux de voir que la magie continue.

Le temps de lui offrir du chocolat et son horloge et de faire quelques photos comme autant de souvenirs à jamais gravés dans nos coeurs et il faut se séparer.

Le concert va commencer et c’est parti pour 4 heures de spectacle. Alison connaît toutes chansons et s’en donne à coeur joie.

Vous découvrirez le spectacle à la TV, c’est une très belle édition.

Après la chanson des Restos il est temps de regagner notre hôtel pour une bonne nuit de sommeil réparateur.

Dimanche, nous irons nous ballader sur les Champs Elysées, le temps de faire un peu de shopping pour les parents et déjà il faudra prendre le TGV pour rentrer.

Merci à vous qui avez rendu ce voyage possible, toute l’équipe des Restos du Coeur, Alexis, Cathy, Agathe, Mathilde et toutes les personnes qui nous ont accueillis à l’Accor Hôtel Arena, les artistes pour leur gentillesse, les accompagnantes, nos partenaires, nos donnateurs, les familles qui m’ont fait confiance et surtout vous les enfants pour votre regard particulier sur la vie et votre soif de profiter de chaque instant.

Vous êtes de fabuleux moteurs et j’espère que toutes les émotions partagées vous aideront à avancer lorsque la vie sera un peu moins douce.



Carole